Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /2009 12:11
On fête demain aux USA, le Martin Luther King Day et coïencidence, jour de la veille de l'investiture de Barack Obama. Depuis 1994 ce jour est consacré à l'entre' aide. Chaque citoyen est ainsi amené à participer aux évènements mis en place par les associations pour les plus dimunis (collecte de vêtements, aides aux personnes agées, distribution de nourriture...)



Voici la petite d'histoire de ce jour férié :
Le Martin Luther King Day (jour de Martin Luther King), est un jour ferié aux États-Unis d'Amérique marquant la date d'anniversaire du révérend Martin Luther King Jr. Il est fêté chaque année le troisième lundi du mois de janvier. Après la mort de Martin Luther King en 1968, le représentant démocrate John Conyers introduisit un projet de loi au Congrès pour que l'anniversaire de naissance de Luther King soit un congé national, mettant en lumière l'action de Luther King aux côtés des syndicats.



Ces derniers reprirent cette proposition et en firent la promotion dans les années 70. En 1976, les syndicats aidèrent à l'élection de Jimmy Carter, qui appuya le projet de loi. Mais après cet appui, l'influence des syndicats dans la campagne pour le King holiday diminua, et le King Centre chercha l'appui des milieux d'affaire et du grand public. Le succès de cette stratégie grandit quand Stevie Wonder sortit son single Happy Birthday en 1980 pour populariser la campagne et participa à la conférence de presse du Rassemblement pour la paix en 1981. Six millions de signatures furent collectées dans une pétition adressée au Congrès pour qu'il vote la loi. Le Président Ronald Reagan s'opposa à ce jour férié, ne s'inclinant qu'après que le Congrès a voté le King Day Bill à une majorité écrasante, empêchant tout veto présidentiel (338 voix contre 90 à la Chambre des Représentants et 78 contre 22 au Sénat). Dans la roseraie de la Maison Blanche, le 2 novembre 1983, Ronald Reagan signa la loi créant un jour férié fédéral pour honorer Martin Luther King. Il fut observé pour la première fois le 20 janvier 1986.
Samedi 17 janvier 2009 6 17 /01 /2009 00:12
Voici un article de Libération sur Clarence Jones datant du 15 janvier.
M. Jones qui est, rappelons-le, l'ancien avocat de Martin Luther King et co-auteur de nombreux discours dont celui notamment prononcé sur les marches du Lincoln Memorial à Washington, "I have a dream". Vous pourrez très prochainement découvrir l'interview vidéo que j'ai réalisé de lui lors de l'évènement "un jour Martin Luther King".  



Du rêve à la réalité

Libération 15 janvier 2009

A 77 ans, l’homme porte beau. Costume impeccable et boucle d’oreille, Clarence B. Jones aime bien se lever quand il parle. Marque son impatience en interrompant sans cesse son interlocuteur. Comme s’il avait peur que le monde ne saisisse pas l’importance de l’instant présent. A la deuxième question, pourtant, il s’interrompt un long instant avant de répondre, la tête entre les mains. Vous saisit soudain par la manche et ne lâche plus prise. «Ce que signifie l’élection d’Obama ? C’est une consécration, un aboutissement. Quand on a mené le combat que nous avons mené, on a encore du mal à y croire. J’ai vu beaucoup de choses dans ma vie mais je n’aurais jamais pensé qu’un Noir puisse entrer à la Maison Blanche avant ma mort.» Des «choses», Clarence B. Jones en a vu en effet. Durant toute la lutte pour les droits civiques, il fut l’un des proches conseillers de Martin Luther King. Son confident et ami, aussi. Celui qui a collaboré à la plupart de ses discours, dont le fameux «I have a dream» prononcé le 28 août 1963 sur les marches du Lincoln Memorial à Washington. «C’est un discours que nous avons mis plusieurs jours à écrire. J’ai travaillé dessus à New York et, le 27 août, nous nous sommes tous retrouvés au Willard Hotel, à Washington. Plusieurs conseillers ont donné leur avis puis je suis monté dans une chambre avec Martin pour peaufiner le texte.

Je suis à l’origine des sept premiers paragraphes. Tout ce discours était tourné vers l’avenir, vers le futur que nous espérions pour nos enfants. Et Obama nous a permis de toucher ce futur.» La route fut longue. Personne ne le sait mieux que Clarence B. Jones. Pendant des années, il a préféré garder le silence. Avant de publier un livre au printemps dernier aux Etats-Unis, What Would Martin Say ? (Que dirait Martin ?). «J’ai simplement senti que c’était le bon moment. Parce que les lignes étaient en train de bouger. Tout ce qui se passait sonnait comme un écho aux prophéties de Martin. Ça m’a fait réfléchir au chemin parcouru en Amérique.» En décembre, l’avocat californien et permanent de l’Institut Martin Luther King à Stanford University, s’est déplacé à Paris dans le cadre de «Rencontre avec MLK», un programme organisé au Trocadero pour commémorer le 40e anniversaire de la mort du leader noir. Une occasion pour dialoguer avec les jeunes. Tout dans l’émotion. «Nous sommes les acteurs depuis des décennies de l’histoire de ce pays. Pour les gens de mon âge, un tournant s’est opéré.



Avec Obama, les Noirs cessent de se considérer comme d’éternelles victimes du pouvoir blanc. Le temps des opportunités s’ouvre pour les Afros-Américains. Nous n’avons plus d’excuse pour ne pas aller de l’avant. Obama, c’est avant tout l’émergence d’une nouvelle génération. Des politiciens noirs qui ne s’adressent plus à une population monocolore, mais qui interpellent l’Amérique tout entière. Bien sûr, il y aura toujours des racistes, mais la couleur n’est plus au centre de la politique.» Il ne le dit pas comme ça, mais on a quand même l’impression que Clarence B. Jones est un peu soulagé de ce passage de témoin. «On commençait à se faire vieux et à être un peu fatigués. Il était temps que quelqu’un comme Obama prenne la suite.» Fils de domestiques, il est né en 1931 à Philadelphie, dans une autre Amérique, celle «où les Noirs n’étaient plus tout à fait des esclaves mais toujours considérés comme inférieurs». Très tôt, il est envoyé dans une famille d’accueil, parce que sa propre famille n’a pas les moyens de l’élever. Il grandit dans une école catholique et une nonne devient sa mère de substitution. Un parcours qui fera dire un jour à King que Jones «n’était pas un radical anti-Blanc parce qu’il avait appris ce qu’était l’amour maternel auprès d’une religieuse irlandaise». De fait, Clarence B. Jones n’est pas venu tout de suite à la lutte des droits civiques. Son combat fut d’abord personnel. Celui d’un Noir tellement brillant qu’il est accepté à Columbia University au tout début des années 50. Celui d’un Noir qui décide de faire un procès à l’armée qui veut le renvoyer car il a appartenu à un groupe «subversif», en l’occurrence une association de jeunes étudiants progressistes. Quand Luther King le contacte pour la première fois, il est déjà un avocat réputé, marié à une jeune aristocrate blanche - ce qui n’était pas si commun à l’époque - et vit dans une superbe villa d’une banlieue riche de Pasadena. Nous sommes en 1960 et King est injustement accusé de fraude fiscale par l’Etat d’Alabama. Il lui faut quelqu’un pour le tirer d’affaire. Jones refuse de l’aider dans un premier temps. Il a cette phrase définitive : «Ce n’est pas parce qu’un prêcheur noir a été pris la main dans le pot de miel que je dois en faire mon problème.» Le pasteur est alors contraint de changer de stratégie. Il invite Jones à l’un de ses services dans une église de Los Angeles. Et là, au milieu de plusieurs centaines de fidèles, il l’apostrophe, sans jamais citer son nom. Il parle «d’un jeune avocat qui vit bien mais qui a oublié d’où il venait». C’est à cet instant que Jones décide de s’engager aux côtés de King. Il sera de toutes les marches, de toutes les mobilisations. Quand MLK est arrêté en 1963, après une manifestation à Birmingham, Alabama, c’est Jones qui lui transmet du papier, caché sous sa chemise, pour qu’il écrive sa superbe «lettre de la prison de Birmingham» , énième dénonciation de la ségrégation. «On y a cru jusqu’au bout, jusqu’à la mort de Martin. Là, le monde s’est effondré.» Les trente années qui suivent, Jones les emploie à continuer ce qu’il a entamé, mais dans une relative discrétion. Il milite à travers son travail d’avocat, devient un moment le propriétaire de The Amsterdam News, le journal de la communauté noire new-yorkaise, se retrouve aussi impliqué dans une affaire de fraude. Il divorce et se remarie (quatre fois). Mais l’âge venant, il se convainc de la nécessité de raconter son histoire. Et l’émergence d’Obama le confirme dans ses intentions. Quand le sénateur de l’Illinois a délivré son discours de victoire, en novembre à Chicago, Clarence B. Jones était avec des amis, «tous autour de 60 ou 70 ans». «Tout ce que je peux vous dire, c’est que nous avons pleuré. Longtemps.» Il ne sait pas vraiment où il se trouvera pour l’investiture, mardi, mais il dit croire en ce «superbe président». «Certes, il ne peut pas faire de miracles. Mais nous marchons d’un pas décidé vers cette Amérique post-raciale. Je sais que ce pays a changé. Et c’est aussi grâce à des présidents blancs, tous venus du Sud, que tout cela est possible. Jimmy Carter, Bill Clinton, mais aussi George W. Bush ont beaucoup fait pour la cause des Noirs. On peut haïr la politique de Bush, comme moi, mais on est obligé de reconnaître qu’il a nommé Colin Powell ou Condoleezza Rice». Alors, qu’aurait donc dit Martin Luther King de l’élection d’Obama ? «Je ne sais pas. Mais il aurait souri. Dans son dernier discours, il disait voir la Terre promise. Il n’est plus là, mais la Terre promise n’est pas loin.»
Vendredi 9 janvier 2009 5 09 /01 /2009 11:59
Les Freedom Rides (voyages de la liberté en anglais) sont les actions de militants du mouvement des droits civiques aux États-Unis qui utilisaient des bus inter-états afin de tester l'arrêt de la Cour suprême Boynton v. Virginia qui rendait illégale la ségrégation dans les transports. Le premier Freedom Ride partit de Washington DC le 4 mai 1961, et devait arriver à la Nouvelle-Orléans le 17. Les militants furent arrêtés dans les États du Sud sous prétexte de violer les lois locales et les lois Jim Crow. Techniquement, les freedom riders ne pratiquaient pas la désobéissance civile vu qu'ils avaient le droit légal de ne pas obéir aux lois ségrégationnistes du Sud des États-Unis. Mais leurs droits n'étaient pas appliqués par l'État fédéral et étaient considérés comme criminelles dans les États du Sud. Les freedom rides utilisaient la résistance non-violente contre les émeutes organisés par les racistes et les arrestations massives des autorités. Les militants étaient noirs et blancs en proportion égale et un quart d'entre eux étaient des femmes.


Les pires violences eurent lieu quand les bus atteignirent l'Alabama. À Anniston, une foule attaqua un des bus et creva ses pneus. Quand celui-ci dut s'arrêter, il fut attaqué à la bombe incendiaire par la foule qui avait suivi en voiture. Alors que le bus brûlait, la foule bloqua les portes, espérant faire brûler vif les freedom riders. Un agent du FBI en couverture brandit son arme et réussit à ouvrir les portes. Les militants furent violemment battus alors qu'ils s'enfuyaient du bus.

Quand un des bus atteignit Birmingham, les militants du freedom ride furent battus sans pitié par des membres du Ku Klux Klan sous protection policière. Un autre bus du freedom ride arriva peu après et ses passagers et un informateur du FBI furent battus par une foule armée de battes de baseball, de tuyaux en fer et de chaînes de bicyclette. Ils furent arrêtés par la police seulement après avoir été battu par la foule. Les militants blancs du freedom ride furent les plus violemment battus. L'un d'entre eux, Jim Peck, dut recevoir 52 points de suture sur le crâne.

Les freedom riders hospitalisés furent ensuite chassés de l'hôpital à deux heures du matin car le personnel craignait une attaque de la foule. Il furent secourus par le révérend Fred Shuttlesworth qui organisa plusieurs voitures de noirs qui forcèrent la barrage de la foule.


 

Pendant leur voyage, le groupe de 13 militants passa à 450, et s'attira la sympathie de l'opinion publique nationale et internationale. Le freedom ride s'acheva lorsque Robert Kennedy, alors Attorney General des États-Unis, envoya une injonction forçant les États ségrégationnistes à appliquer la loi fédérale.




Vendredi 2 janvier 2009 5 02 /01 /2009 13:40

Le célèbre discours qu'il a prononcé lors de l'inauguration du Cimetière national des soldats

Abraham Lincoln, le 16e président des États-Unis, prononça son discours le plus célèbre il y a 145 ans, le 19 novembre 1863, à l'occasion de l'inauguration du Cimetière national des soldats à Gettysburg (Pennsylvanie).

Les États-Unis étaient alors en pleine guerre civile. Quatre mois plus tôt, au début de juillet, quelque 51.000 soldats des deux camps (de l'armée des Confédérés et de l'armée de l'Union) avaient été, à l'issue de la bataille de Gettysburg, soit fait prisonniers, soit blessés, soit tués.

Dans son bref discours, le président Lincoln souligna que les « Pères fondateurs » ont conçu les États-Unis comme un lieu de liberté où « tous les hommes sont créés égaux » et affirme sa résolution pour que « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, ne périsse pas sur cette Terre ».

Près d'un an auparavant, le 1er janvier 1863, le président Lincoln avait promulgué une proclamation relative à l'affranchissement de tous les esclaves dans les États qui étaient encore en rébellion. Le Congrès adopta le XIIIe amendement de la Constitution des États-Unis, qui abolit officiellement l'esclavage, en décembre 1865, huit mois après l'assassinat du président Lincoln.

Les États-Unis vont célébrer le 200e anniversaire de la naissance d'Abraham Lincoln en 2009.

On trouvera ci-après le texte du discours de Gettysburg.

 



"Quatre-vingt-sept ans se sont écoulés depuis que nos pères apportèrent à ce continent une nation nouvelle, conçue dans la liberté et vouée au principe selon lequel tous les hommes sont créés égaux.

Nous sommes engagés à présent dans une grande guerre civile, qui décidera si cette nation ou toute autre nation semblablement conçue et vouée peut vivre longtemps. Nous sommes assemblés sur l'un des grands champs de bataille de cette guerre. Nous sommes venus en consacrer une partie comme lieu de dernier repos pour ceux qui ont, ici, donné leur vie afin que cette nation puisse vivre. Il est parfaitement juste et convenable que nous le fassions.

Mais, en un sens plus large, il n'est pas en notre pouvoir de dédier - de consacrer - de sanctifier ce sol. Les braves, vivants et morts, qui se sont battus ici-même, l'ont consacré bien au-delà du faible pouvoir que nous avons d'y ajouter ou d'en soustraire. Le monde ne remarquera guère, ni ne se rappellera longtemps, ce que nous disons ici, mais il ne pourra jamais oublier ce qu'ils ont fait ici. C'est à nous plutôt, les vivants, de nous consacrer ici à l'œuvre inachevée que ceux qui ont combattu ici ont jusqu'à ce point si noblement menée. C'est plutôt à nous de nous vouer ici à la grande tâche qui nous reste à accomplir - qu'à ces morts honorés nous empruntions une dévotion accrue à l'égard de cette cause pour laquelle ils ont donné jusqu'à la pleine mesure de leur dévouement - que nous prenions ici la ferme résolution que ces morts ne soient pas morts en vain - que cette nation, sous l'égide de Dieu, renaisse à la liberté - et le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, ne périsse pas sur cette Terre."

Jeudi 1 janvier 2009 4 01 /01 /2009 16:18
Et pour les puristes, voici la version Gospel :




Je vous propose dorénavant d'écouter le discours de Martin Luther King à l'initiative du slogan "We shall overcome" transformé en chanson par les militants Afro-américains :



Le projet en vidéo



L'association :

I have a dream 2009-2010 est une association étudiante dont le projet est de réaliser un documentaire sur les freedom riders (manifestants étudiants Afro-américains qui ont lutté contre la ségrégation raciale).

POUR TELECHARGER LE DOSSIER :
(dossier de présentation du projet)







APPEL AUX DONS :
(participer aux financements)


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